Voici sans doute l'un des textes les plus désespérés de toute la carrière de Mylène. A l'époque, une rumeur annonçait qu'elle et Laurent Boutonnat songeaient à mettre fin à leur oeuvre. Pour preuve, le clip d'A quoi je sers assez apocalyptique... En résulte un texte sur la folie, l'envie de suicide et l'impression (pourtant fausse) de l'inutilité de la vie et de sa propre vie...
.-•¯`-.,,.-> .-•¯`-.,,.-> ♥ <-.,,.-•¯`-. <-.,,.-•¯`-
Poussière vivante je cherche en vain ma voie lactée [Mylène a emprunté à Luc Dietrich, un de ses auteurs de prédilection le mot "poussière" et les trois adjectifs ("vivante, errante, brûlante") qui s'y rattacheront pour débuter les trois strophes du texte de la chanson. Ici, elle se compare à une "poussière", comme nous le sommes tous d'ailleurs, des poussières par rapport à l'âge du monde, par rapport aux milliards d'êtres humains... Mais si elle met à la suite "poussière" et "vivante", peut-être est-ce pour souligner une opposition: la poussière signifiant la mort (les corps retombent en poussière) et la vie. Elle serait donc une personne qui est en somme déjà morte moralement en train de chercher une lumière qui lui rendrait la vie, la rendrait heureuse, à travers cette "voie lactée"]
Dans ma tourmente, je n'ai trouvé qu'un mausolée [Là encore, opposition entre la vie et la mort... La "tourmente" peut-être assimilée à la vie (mais aussi à la folie), comme ici une sorte de voyage perdu. Cela oppposé à "mausolée", qui est un grand monument funéraire. En somme, quoi qu'elle fasse, elle ne trouve que la mort et la désolation...]
Et je divague [C'est la folie qui finalement l'emporte, folie initiée par cette quête de la vie qui ne tombe que dans la mort]
J'ai peur du vide [Quand bien même elle ne trouve que le chaos, elle recherche le "vertige de vivre", qu'elle ne trouvera finalement que 6 ans plus tard à travers la chanson "Vertige"]
Je tourne des pages mais des pages vides [Ici, elle semble lire le livre de sa vie, une biographie vide de sens, vide tout simplement d'existence. Elle n'a fait que survivre en ce monde, mais pas vivre réellement]
Poussière errante je n'ai pas su me diriger [Elle est dans une sorte de constat de sa vie, avouant ne rien y trouver, ne pas parvenir à trouver ce qu'elle y vient chercher. On dirait une confession où elle s'excuse de ne pas avoir su vivre]
Chaque heure demande pour qui pour quoi se redresser [Le temps qui passe alourdit encore sa douleur. Plus il passe et plus elle se demande pour quelles raisons on vit encore, qu'est-ce qui nous pousse à nous lever le matin, à continuer de respirer, d'évoluer en ce monde]
Et je divague
J'ai peur du vide
Pourquoi ces larmes dis, à quoi bon vivre? [Cela la conduit à s'apitoyer sur elle-même, à pleurer sur son sort. On ne sait à qui elle s'adresse quand elle demande "dis?": à elle-même, à Dieu, à l'Autre? Parle-t-elle de suicide?]
Mais mon Dieu de quoi j'ai l'air je sers à rien du tout [Confession ultime de douleur. Impression d'inutilité, de ne servir à rien ni personne, de n'avoir aucun but dans la vie... Dieu est-il considéré ici comme le responsable de ses maux? Est-il dans ses prières pour lui demander de l'aide?]
Et qui peut dire dans cet Enfer ce qu'on attend de nous [Elle oppose en quelques lignes Dieu et l'Enfer, mélangeant les deux... L'Enfer est déjà sur la Terre, dans sa vie quotidienne... Elle pense être déjà dans les limbes de l'Enfer, qui ont conduit à la rendre inutile. Elle pense aussi que tout est régi d'avance, c'est pourquoi elle veut savoir ce qui va advenir de l'humanité...]
J'avoue ne plus savoir à quoi je sers [Le "plus" souligne qu'elle a su un jour quel était le but de sa vie. Elle est ici dans une tentative de geste désespéré de demande à ce qu'on lui dise ce qu'elle doit faire pour qu'elle s'en sorte...]
Sans doute à rien du tout [Mais le doute l'emporte. Elle pense être réellement inutile, convaincue de l'être tant et si bien qu'il lui est maintenant impossible de se défaire de cette conviction]
A présent je peux me taire si tout devient dégoût [Les mots "à présent je peux me taire" ont effrayé bien des fans à l'époque car beaucoup y ont vu là la fin de sa carrière... Il semblerait qu'elle fasse plutôt allusion à la mort, et donc au suicide, trouvant qu'il n'y a plus rien à découvrir et aimer en ce monde]
Poussière brûlante la fièvre a eu raison de moi [Sa folie la conduit à la maladie, suscitant cette dernière. Elle se sent tellement inutile qu'elle en vient à provoquer une maladie mentale qui devient physique par la suite...]
Je ris sans rire, je vis, je fais n'importe quoi [Elle décrit ici tous les symptômes de la folie qui la gagne peu à peu jusqu'à la gagner tout entière... Elle passe du rire aux larmes, émet des gestes ou des paroles insensés... Elle a finalement réussi à trouver un nouveau but: par la folie, elle oublie l'inutilité dont elle pense être atteinte...]
Et je divague
J'ai peur du vide
Je tourne des pages
Mais des pages vides [Le livre de sa vie aura été vide du début à la fin selon elle... Triste constat. Heureusement, sa vie artistique aura été largement pleine...]
.-•¯`-.,,.-> .-•¯`-.,,.-> ♥ <-.,,.-•¯`-. <-.,,.-•¯`-
Que pensez-vous de cette analyse ?